Samedi a 5h00 du matin:
Réveil. Et oui pour en profiter il faut se lever tôt !! Douche au radar,
café (merci ma chérie pour la Nespresso, ca me change du Nescafe qui n’arrive
même pas a me faire tenir les paupières ouvertes), puis je pars chercher les
autres car ce weekend, c’est moi le chauffeur ! Heureusement j’ai troqué
ma Subaru pour une Toyota bien plus spacieuse et confortable.
Le rendez vous à 6h00
n’aura été honoré que par moi, les autres étant, comme je m’y attendais, en
retard, mais ce n’est pas grave... Zen, c’est un WE de 3 jours! Nous partons
enfin à 6h20 direction Woodlands Checkpoint, la frontière du Causeway bien
connue de ceux qui, il y a 13 ans, on passé la frontière sur ce pont, lieu
d’échanges entre la Malaisie et Singapour (Depuis un nouvel accès a été
construit a l’Ouest de Singapour). Là, nous arrivons dans une file innombrable
de voitures et nous devons prendre patience car c’est un goulet d’étranglement
pour passer la douane et l’immigration. Je fais mon français touriste
de base et me mets dans la file réservée aux motos (comme d’autres tout de
même !!!) mais à la fin nous sommes redirigés vers la file unique des
voitures, juste devant deux policiers qui semblent noter les plaques
d’immatriculation …. Grrrr, peut être vais-je encore recevoir une jolie amende
à payer…. Zen, c’est le WE… Une heure après, empreintes données, taxe payée au
départ de Singapour ET à l’entrée en Malaisie (Business is business!), nous
sommes enfin a Johor Bahru, ville frontière où tout de suite l’ambiance nous
rappelle que nous ne sommes plus dans la ville Etat où tout est propre et
immaculé. Ici, les panneaux
publicitaires rivalisent de taille, la circulation est plus confuse, quand à
l’état des route n’en parlons pas ! 
Welcome in
Malaysia! Direction Mersing a 134 km
de là pour prendre le ferry direction Tioman. Deux heures plus tard, nous
arrivons a bon port, non sans avoir failli écraser plusieurs singes en liberté
et de gros lézards…. La vie sauvage persiste ici.
Tout est bien organisé a
Mersing : on vous dirige vers un parking pour garer la voiture, puis on
prend son sac et direction la jetée pour prendre un billet de Ferry… Et c’est
la que cela se complique !
Niveau organisation,
j’avais dit que je m’occupais du transport routier (ce qui a plutôt bien
fonctionné), j’avais sous-traité la réservation des bungalows (ce qui semblait
avoir fonctionné aussi…mais nous ne le saurons jamais), et j’avais émis l’idée
qu’il serait bien de réserver le ferry…. Ah les prémonitions… Pas de place dans le
ferry de 10h30… Le petite dame chargée des billets nous suggère d’attendre les
ferry de 11h30 et 13h30 pour voir si des réservations ne sont pas honorées.
Attendons voir! A 12h00 le ferry de 10h30 n’est toujours pas parti!… Le ferry
de 11h30 est complet, nous nous résignons... Déjeuner sur place. Cela fait du
bien de se poser un peu. Autour du repas, nous décidons de réserver une place
sur le ferry de 16h30 (Les 7km de traversé de l’ile de Tioman dans la jungle de
nuit ne nous tente guère, mais nous devrons bien nous y résigner vu que les
bungalows réservés se trouvent de l’autre coté de l’ile !!!… de plus,
nous serons probablement obligé de faire la même chose au retour vu les
horaires des ferrys ayant encore de la place !) Nous retournons voir la
dame chargée des billets… mais bien que ce matin elle nous ait dit qu’il
restait de la place, c’est désormais complet … Bon… nous voila donc coincés en
Malaisie péninsulaire sans logement prévu...
Le guide du routard
mentionne un petit coin sympa plus au nord (230 km tout de même) : Le Lac Chini
(Tasik Chini). Allez, en voiture... Nous arrivons vers 16h00, mais l’hotel local
affiche complet !!! (un weekend de trois jours pour les singapouriens
c’est forcement complet partout !). Dans le guide, il est mentionne une petite
guest house (maison d’hôte) chez Rajan Jones (un copain de Indiana ?).
Difficile de trouver la petite route qui mène à ses cabanes de bois mais nous y
parvenons après maintes demandes de renseignements. Arrivés sur place cela semble
fermé, mais le bruit de la voiture fait sortir la femme de Rajan qui nous
accueille bien sympathiquement et nous propose 3 chambres… Ouf…nous avons enfin
un coin ou dormir … (Je nous voyais mal a 5 dans la voiture … A force, ca sent
le fennec, ici il fait chaud et humide …)
Balade locale pour aller
voir l’embarcadère de Rajan : un vulgaire pont de bois en parfaite
décrépitude, c’est pas là que nous allons nous baigner... L’endroit a cependant
du potentiel, même si ici l’eau n’est pas propre, le lac a l’air sympa pour des
balades en barque.
Orage intense, nous
sommes trempés… Retour à la guest house. Après une bonne douche à l’eau de
pluie stockée dans un water tank (grand réservoir à ciel ouvert) d’où l’eau
s’écoule sans pression et un peu jaunâtre (ca rappelle Phucket), c’est le diner
qui s’annonce. Vegetarien ce soir. Nous partageons le diner avec Nathalie, une
Française qui fait le tour du monde. Partie de France avec 2000 Euros en poche
et un billet d’avion pour Dehli, voila 3 mois qu’elle arpente l’Inde, la
Thailande et la Malaisie. Sa prochaine étape Singapour puis la Nouvelle Zelande
pour travailler un peu et repartir de plus belle. Elle a bien du courage… Je la
trouve un peu seule ...
Nous décidons le
lendemain d’accepter la proposition de Rajan : un treck en jungle avec
au bout… une cascade.
Parties endiablées de UNO
et JUNGLE SPEED (merci ma chérie, encore une fois), puis dodo sous moustiquaire
après inspection de la chambre !!. Ventilo, matelas de 5cm d’épaisseur,
confort spartiate, mais le sommeil vient vite. Je ne dors pas très bien, le
matelas n’est pas assez épais et en chien de fusil, je me souviens maintenant
qu’on des os qui s’appellent les hanches… (ai-je tant maigri que cela? Non, je
rassure tout le monde, c’est confirmé, c’est le matelas!). Je me réveille en
pleine nuit, j’ai froid aux pieds. Ah oui, pas de drap ici. Le ventilo souffle
trop fort et je l’arrête, j’ai du mal a me réchauffer les pieds.
A la lueur du jour, les
oiseaux et surtout les coqs s’en donnent a cœur joie. Réveil en douceur, nous
ne sommes pas pressés, le départ est pour 10h30. Petit déjeuner : Thé et
nouilles-vermicelles épicées (ah oui ca aussi c’est local..), biscuits.
A 10h30 rassemblement. Le
camion est arrivé : ici, on voyage en camion, ceux qui servent a
transporter les grappes de dates des palmiers a huile qui sont légion dans la
region. Nous embarquons. Deux heures plus tard et un mal aux fesses de plus,
nous arrivons au fin fond d’une plantation de palmiers et la montagne se dresse
devant nous.
Sac sur le dos, nous
suivons Rajan et sa machette! Rajan a des mollets aussi gros que ceux de Yaël
(c’est dire qu’il est costaud !), et ses deux filles sont en tongs.... Aussi
incroyable que cela puisse paraitre ! Le chemin est encombré
par un éboulement de terrain que nous passons quand même puis, c’est un petit
chemin a travers la jungle que nous poursuivons, avec de temps en temps une
rivière a traverser sur des troncs d’arbres jettés en travers. Nous sommes
accompagnés par de nombreuses sangsues qui s’accrochent a nos chaussures. Le
terrain est humide et jonché de feuilles en décomposition, propice au
développement de toutes ces petites bêtes. Nous surveillons nos chaussures et
en retirons régulièrement. Elles sont relativement inoffensives et même utilisées
en médecines… alors nous nous résignons juste à tirer dessus mais c’est pas
facile! Et quand elles ont mordu, ca saigne fort! Moi j’ai réussi a ne pas me
faire transpercer! Allez savoir pourquoi! (Je soupçonne l’odeur des pieds, mais
je ne suis pas le seul alors ???) Nous arrivons enfin à la
cascade où nous nous baignons et sautons depuis le promontoire, récompense
savourée dans cet environnement pas du tout touristique… C’est certain, je
n’emmènerai pas les enfants ici même si la balade n’est pas si dure que cela! Déjeuner sur une bâche a
l’abri des bêtes, farniente, et retour par le même chemin.
Le soir, repas
typique :riz (au moins 5 kg pour 7 personnes on ne va pas manquer),
légumes au curry, poulet au piment, salade de concombres/carottes.. On se
régale. Nous partageons le repas avec Nathalie et un Japonais arrive en Moto
depuis Singapour pour la nuit.
Soirée cartes et dodo
avec le même inconfort, mais cette fois-ci je dirige le ventilateur vers le
haut ce qui m’évite d’avoir les pieds congelés ! Petit déjeuner : Sandwich
aux oeufs (deux tranches de pain de mie et au milieu un oeuf sur le plat cuit
sur les deux faces). Aure ne serait pas gâtée ici….
Nous décidons de partir
vers le sud pour rentrer plus doucement avec l’espoir de faire une halte sur
une plage. Nous payons notre dû : 125 Ringgits Malais soit 25 euros pour deux
nuits, l’excursion et tous les repas. On ne se sera pas ruiné!
Arrivé sur la côte, nous
voyons des plages mais sans ombre et sans "baraque a riz". Nous poursuivons donc
encore vers le sud. Alléchés par une pancarte, nous suivons la direction d’un
Resort sur le bord de mer. A l’entrée d’un golf, un garde nous ouvre une barrière
sans rien nous demander : nous devons vraiment avoir l’air de touristes.
Après quelques centaines de mettre le long du golf, nous garons la voiture
devant le lobby et nous allons en direction de la plage. Parfait, personne
ne nous demande rien, mais la pluie vient perturber notre envie de baignade.
Zut! direction le bistrot en bord de piscine pour nous restaurer d’un ‘fish and
chips’. Une fois la pluie passée, direction la mer où la plage immense est ….
déserte. Nous en profitons bien (même de la douche en bord de piscine, après
tout, quitte a avoir l’air d’être des clients, faisons comme ca jusqu’au bout!).
Il est l’heure de reprendre
la route. Toujours les mêmes colonies de singes en bord de route! Nous arrivons
a Johor Bahru à la nuit. Embouteillages… nous sommes en bonne voie pour
Singapour que nous atteindrons 3h30 plus tard! Une folie ca n’avance pas (le
périphérique à l’heure de pointe !!).
De retour à la maison
pour ma dernière nuit avant de déménager dans l’appartement. La maid passe
demain, donc j’attend qu’elle est lavé et repassé mon linge (bien taché par le WE!) avant de déménager !